La première école Saint-Luc fut donc fondée à Gand.
C’est le 1er mars 1878 que voit le jour à Tournai une école Saint-Luc, sise d’abord rue du Four Chapitre, puis à la rue du Curé Notre-Dame. Cette école d’apprentissage du dessin est jumelée avec une école de musique sacrée, l’Ecole Saint-Grégoire qui devait assurer la formation de la maîtrise de la cathédrale.

A l’origine, l’établissement est géré par quatre frères qui prônent l’idéal des frères des Écoles Chrétiennes. À partir de ce moment, l’école Saint-Luc ne fera que se développer malgré les aléas de l’Histoire.

(…)

En 1922, l’école ouvre un internat où, fait exceptionnel pour l’époque, chaque élève dispose d’une chambre meublée, éclairée et chauffée. La publicité de l’époque précise qu’en vue de ménager une transition entre la vie de l’internat et celle de la caserne, les élèves âgés d’au moins 18 ans peuvent sortir librement l’après-midi du samedi et du dimanche, tout en se conformant aux prescriptions réglementaires.

Dès 1936, cette école qui se veut principalement une école d’architecture compte plus de 500 élèves.

La construction de l’imposant édifice néo-gothique est confiée à Paul Clerbaux, un jeune architecte tournaisien qui entame le chantier du Pensionnat de Passy-Froyennes le 22 mars 1904.

Mai 1940. Tournai est bombardée et les locaux de l’école Saint-Luc sont pour la plupart détruits. Seuls seront épargnés les ateliers de typographie et d’ébénisterie.

L’après-guerre voit un Saint-Luc éclaté dans des locaux dispersés dans la ville (chaussée de Lille, rue du Chambge, rue Frinoise, boulevard Léopold).

En 1958, le Frère Maxime Rossion ouvre une section supérieure nouvelle des techniques de diffusion et de relations publiques, embryon de ce que sera l’Institut des Hautes Etudes de communications sociales.

Un petit retour en arrière … La fin du 19ème siècle voit s’imposer en France la séparation de l’État et de L’Église, connue sous le nom de « Loi Combes ». Les congrégations religieuses se voyant interdire toute action d’enseignement, plusieurs d’entre elles prennent la décision courageuse de s’exiler pour pouvoir poursuivre leur mission. C’est ainsi que les Frères des Écoles Chrétiennes responsables d’un internat dans la commune de Passy, située près de la Tour Eiffel à Paris décident de s’installer juste de l’autre côté de la frontière dans le petit village de Froyennes.

La construction de l’imposant édifice néo-gothique est confiée à Paul Clerbaux, un jeune architecte tournaisien qui entame le chantier du Pensionnat de Passy-Froyennes le 22 mars 1904. La construction, à l’exception de la Chapelle, est pratiquement terminée 14 mois plus tard …. À cette époque, le Pensionnat Passy-Froyennes accueille déjà 240 élèves.

Revenons à l’après-guerre ! Saint-Luc est donc éparpillé dans Tournai, et les lois Combes ne sont plus en vigueur. C’est donc assez naturellement que les Frères de Passy retournent vers la France. Un accord est conclu entre les Frères des Écoles Chrétiennes et Saint-Luc et en 1960, le déménagement s’effectue pour permettre à l’institut Saint-Luc de s’installer dans l’immense bâtiment situé à Froyennes.

En 1983, la section supérieure des techniques de diffusion et de relations publiques quitte le site de Froyennes et une partie des bâtiments seront vendus.

En 1995, l’École Supérieure des Arts est créée et acquiert une identité propre avec un encadrement pédagogique et administratif spécifique.

Extrait de l’ouvrage Passy-Froyennes 1904 – 2004 de Daniel Maurage.