Mode

Naïs Jacquet

Ancienne étudiante

 

Parle-nous de ton travail/ Que fais-tu en ce moment ?

Pendant mes 3 années d’études à Saint-Luc j’ai exploré des thèmes contemporains comme le virtuel, la migration, notre relation à la nature ou à la ville. J’ai développé une esthétique assez épurée et déconstruite, en découpant par exemple des pièces de seconde main pour les retravailler avec des matières plus actuelles et des associations textiles peu communes. Après l’exposition de ma collection de fin d’études au Prix Tremplin, aux Brussels Fashion Days et au concours bruxellois «Young & Mad», j’ai eu de très bons retours et des sollicitations pour des publications dans des magazines à paraître. De septembre à fin décembre, j’étais en stage chez la jeune créatrice Belge Doriane Van Overeem, avec qui j’ai eu l’occasion entre autres d’aller à la Fashion Week de Paris pour y présenter sa nouvelle collection. Je suis maintenant en stage chez Honest By Bruno Pieters à Anvers, une marque éco-responsable 100% transparente. De nature engagée, je me tourne à présent vers une mode éthique et cherche des solutions qui permettent de consommer la mode autrement.

Comment avais-tu entendu parler de Saint-Luc Tournai ?

Un ami y faisait ses études d’architecture et il m’avait parlé de l’option stylisme, je me suis alors renseignée via le site de l’école. Les écoles de mode étant bouchées en France, j’ai tenté ma chance en Belgique, j’ai passé le concours d’entrée et 3 mois après j’intégrais la formation.

Pourquoi avoir choisi l’option mode ?

C’est une passion que j’ai depuis petite, j’aime le côté textile, l’artisanat, j’aime dessiner, imaginer et confectionner des vêtements ou en retravailler d’autres, les mettre en scène… Il était naturel pour moi de travailler dans ce milieu, choisir l’option mode c’était avant tout m’épanouir dans une activité artistique ayant un impact dans le monde réel, puisque tout le monde est concerné de près ou de loin par la mode.

Comment décris-tu les cours ?

L’option stylisme propose un bon compromis entre des cours artistiques, théoriques et techniques. Le pilier de la formation est le cours d’atelier, qui permet une vraie liberté de création, les professeurs sont là pour nous épauler, nous ouvrir l’esprit et n’hésitent pas à remettre en question nos propositions pour aller toujours plus loin dans le processus créatif et accoucher d’un projet abouti.

Qu’as-tu le plus aimé à Saint-Luc Tournai ?

J’ai beaucoup aimé l’ambiance qui règne à Saint-Luc, c’est une petite école dans une petite ville, tout le monde se connaît, on peut facilement collaborer avec des étudiants d’autres options pour nos projets, il y a un esprit d’entraide très présent. Les workshops organisés par l’école étaient aussi intéressants, on a pu par exemple y apprendre le tricot et le crochet, ou à confectionner une veste tailleur de A à Z grâce au costumier Bert Menzel.

Qu’est-ce qui t’inspire, te motive ?

La plupart du temps, je pars d’un sujet actuel qui m’intrigue, c’est souvent une affaire personnelle, mon propre ressenti par rapport à quelque chose qui me fait me poser des questions. Ça peut être un film, une étude scientifique, un comportement qui m’interpelle dans la rue, un phénomène de société… Je crois réellement que la mode est un moyen de faire évoluer la société et les façons de penser, pour moi il s’agit avant tout de faire passer des idées à travers le vêtement et il se trouve que j’ai beaucoup de choses à dire !

Quels sont tes projets ?

Je compte partir à Paris dans quelques mois dans le but d’intégrer une maison, je vais continuer à participer à des concours, des expositions et contribuer à des éditos dans des magazines pour faire connaître mon travail. En parallèle, je souhaite développer petit à petit une collection pour pouvoir à long terme la commercialiser, pourquoi pas lancer ma marque de mode éthique, certifiée GOTS et fabriquée en France !

Un conseil pour quelqu’un qui voudrait s’inscrire à cette formation ?

Ne pas hésiter à se lancer ! Il faut aussi savoir accepter les critiques et repousser toujours ses propres limites. C’est beaucoup de travail et d’investissement mais ça en vaut la peine !